Covid-19 : les assureurs dans le collimateur des politiques

Accusées, lors du premier confinement, de ne pas prendre suffisamment leur part dans l’effort national, les compagnies d’assurance voient de nouveau la polémique enfler. En cause, des lettres adressées notamment aux restaurateurs excluant de manière explicite toute couverture du risque pandémique. Attitude critiquée.

Les compagnies d'assurances ont-elles montré la solidarité espérée durant cette crise du Covid ? Les politiques comme les commerces fermés semblent penser que nonLes compagnies d’assurances ont-elles montré la solidarité espérée durant cette crise du Covid ? Les politiques comme les commerces fermés semblent penser que non © AFP / Hans Lucas / Xose Bouzas

Le 13 avril dernier, lors d’une allocution, Emmanuel Macron lance un avertissement aux assureurs. 

“Les assurances doivent être au rendez-vous de cette mobilisation économique. J’y serai attentif.”

Sous pression de l’exécutif, la Fédération française de l’assurance promet alors d’engager un effort de 3,2 milliards d’euros pour faire face à la crise sanitaire économique. 

Mais aujourd’hui, le chiffon brûle de nouveau, notamment avec les restaurateurs. Le chef Jean-François Piège s’en est notamment fait l’écho sur twitter.

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Gérer mes choix

Voilà comment s’exprime la solidarité d’@AXAFrance en parallèle de la com institutionnelle : après avoir refusé de nous indemniser, Axa a voulu nous faire signer un avenant qui diminuait nos garanties. Nous avons refusé. J’ai reçu hier ce courrier de résiliation signé @guiboriepic.twitter.com/dXKT4riDpk— Jean François Piège (@JF_Piege) November 11, 2020]]>

Tous les assureurs ne sont effectivement pas au rendez-vous, regrette le député LR Philippe Gosselin, et ce malgré des gains considérables lors du premier confinement. “Ce sont toutes les économies faites sur un grand nombre de sinistres qui n’ont pas eu lieu. On parle de 2 milliards d’euros ainsi économisés. Il y a bien un moment où il va falloir redonner un peu de tout ça aux assurés. On attend des entreprises d’assurances qu’elles soient citoyennes, parce que la situation l’exige, et qu’on a en face des entreprises commerciales, artisanales qui sont dans de grandes difficultés pour certaines d’entre elles” explique le député.

Philippe Gosselin a adressé plusieurs courriers à la Fédération française de l’assurance, sans réponse.

Taxation exceptionnelle

Pour forcer les assureurs à davantage s’impliquer dans l’effort national, certains proposent de les taxer. C’est le cas du sénateur LR Jean-Pierre Husson, qui en première lecture, dans le cadre du Projet de loi de finances, a fait adopter une contribution exceptionnelle de 2% du chiffre d’affaires 2020. “L’objectif, c’est de créer une solidarité interprofessionnelle”.

Mais la majorité pour l’instant s’y oppose, même si elle ne cache pas un agacement grandissant. Laurent Saint-Martin est rapporteur de la commission des finances à l’assemblée, qui a auditionné mercredi 25 novembre Florence Lustman, présidente de la Fédération française de l’assurance. “Ce qui s’est passé, avec la réception par courrier d’avenants à des contrats, mettant au pied du mur un certain nombre de professionnels, alors qu’ils sont déjà dans une situation très précaire et très complexe, j’ai trouvé que c’était se draper dans le droit et les contrats pour mettre encore plus devant le fait accompli des acteurs qui ont besoin plutôt d’aide. Dans cette crise, on arrivera à sauver les petites entreprises, les petits commerçants, si tout le monde y met du sien.” Laurent Saint-Martin réclame davantage d’accompagnement de la part des assurances.

Une tension qui pourrait aussi se régler à travers un futur régime d’indemnisation assuré par le privé et le public en cas de pandémie, discuté à Bercy. Mais les compagnies préviennent : de la même manière qu’on n’assure pas une maison en train de brûler, il ne s’appliquera pas à la crise sanitaire en cours.

Bruno Le Maire

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